#Généathème : Salon de l’agriculture

Pour notre plus grand plaisir, l’association Geneatech a relancé les Généathèmes : chaque mois nous est proposé un thème d’écriture pour nous inspirer et faire vivre nos blogs. Le thème de février 2022 est : Salon de l’agriculture.

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S’agissant de présenter un ancêtre paysan, vous vous doutez bien que j’ai l’embarras du choix ! J’ai donc choisi de vous emmener à la rencontre de mon ancêtre Philippe PETITIMBERT (SOSA 856 de mon fils).

Fils de laboureur métayer

Philippe PETITIMBERT naît le 30 mai 1749 au hameau de Daumont, paroisse de Mhère.

Baptême de Philippe PETITIMBERT à Mhère – 1749 – AM de Mhère

C’est le huitième et avant-dernier enfant de Guillaume PETITIMBERT, laboureur métayer à Daumont, et de Marguerite GRILLOT. Il deviendra très vite orphelin : son père décède le 16 juillet 1753 et sa mère le 13 février 1755 alors qu’il n’est âgé que de 5 ans. Tous les enfants son encore mineurs mais, dès l’année suivante, les deux aînés Pierre et Marie convolent en justes noces avec respectivement Françoise et Jacques PETITIMBERT (eux aussi frère et sœur).

Le fratrie PETITIMBERT

C’est donc dans le foyer de ce frère aîné que Philippe va grandir avec le reste de sa fratrie.

Son mariage avec Françoise PETITIMBERT

C’est une autre Françoise PETITIMBERT que Philippe va épouser le 3 août 1772 à Mhère (ça fait beaucoup de PETITIMBERT, je vous l’accorde…) :

Mariage PETITIMBERTH-TIMBERTH à Mhère – 1772 – AM de Mhère

Le couple a établi un contrat de mariage quelques jours plus tôt, le 30 juillet 1772 à Mhère.

Lorsqu’il se présente devant le notaire, Philippe est dit « laboureur métayer » au village de Daumont. Il est accompagné de son frère et commun Pierre PETITIMBERT, de son oncle Jean PETITIMBERT laboureur à Jeaux et de Jacques PETITIMBERT manouvrier à Daumont. La future épouse Françoise PETITIMBERT est assistée de sa mère Elisabeth GILLOT et de son beau-père Gabriel TARTERAT, meunier au moulin de Vaupranges.

Ils conviennent que Françoise ira demeurer chez Philippe. Elle entrera dans la communauté qui sera alors composée de six têtes, à savoir les trois frères et leurs épouses : Pierre et son épouse Françoise PETITIMBERT, Jean et son épouse Anne GAUTRIN, et les futurs époux. Pour acquérir le droit de communauté, la jeune fille se voit dotée de tous ses droits paternels comme maternels, dont 60 livres de meubles seront confondus dans la communauté, tandis que le reste lui restera propre. En outre sa mère lui donne « deux toyes grande et deux petite l’une des grande garnie de plume de toille six dras une couverture de tridame du pays un coffre ferré et fermant a clef avec ses abis nuptiaux et autre servant a sa personne. » Suite à cela, la future décharge sa mère et son beau-père de la partie mobilière de leur succession, à la réserve des bestiaux.

Le couple va mettre au monde cinq enfants entre 1773 et 1782.

Métayer du Baron de CHOISEUL à Daumont

Le 6 août 1782, Philippe et son frère Pierre se rendent au château de Charnoy, paroisse de Montigny-en-Morvan, où ils rencontrent le notaire de Vauclaix et le sieur Etienne PERNIN fils, « intendant des affaires de haut et puissant seigr Louis Marie Gabriel Caezard Baron de Choiseul ancien Capitaine des gens d’armes d’aupins ? marechal des campts et armée du Roy et son embassadeur la cour de Turin et de haute et puissante dame madame Marie Jeanne Françoise de Girard de Vanne son épouse » afin de renouveler le bail de la métairie qu’ils exploitent.

Bail à ferme PETITIMBERT pour M. le Baron de CHOISEUL – 1782 – AD58

« Pierre et Philippe Petitimbert frères laboureurs, et a leur autorité savoir pour celle dudit Pierre Françoise Petitimbert sa fe et sous celle dud Philippe Françoise Petitimbert aussy sa fe, et encore Anne Gautherin veuve et commune de deffunt Jean Petitimbert vivant encore labr, demt tous a Domont paroisse de Mhere » prennent à bail pour six années consécutives, moyennant le prix de 330 livres par an avec huit livres de fil fin bien filé et blanchi :

« un Domaine ou metairie situé audit lieu de Domon susd paroisse de Mhere audit Seigr et Dame appartenant et dépendant de leur terre dudit Charnoy, ainsy qu’il s’etant et comporte sans reserve a l’exception des bois, buissons, trous ? et traissées que led Sr Pernin aud nom se reserve pour ledit Seigr Baron de Choiseul et lad dame Girard de Vanne son épouse, dans lesquels bois ils ne pourront prendre que du houx, coudres ?, epines et autres mauvais bois pour les bouchures, et contenance duquel domaine lesd preneurs ont dit bien savoir pour en avoir jouit et jouissent encore actuellement a titre de bail a ferme, pour par eux en jouir en bon père de famille, en consequance lesdits preneurs seront tenus de bien et duement cultiver, fumer et enblaver les terres dud Domaine suivant leurs cours ordinaire faire les hayes vives et a la main de tout les heritages, étoupes ? et prés, les abreuver pour en rendre la faux courante les gluis provenant des recoltes seront annuellement enployés sur les bâtiments dud Domaine, les preneurs nouriront et serviront la couvreur ? fourniront les perches et glures nécessaires, les journées desquels seront payée par led Seigr et lad Dame son épouse seront tenues lesdits preneurs d’aider a charoyer les bois de moulle que led Seigr et la dame son épouse feront couper pendant le cours du present bail a raison de vingt sols par chacune corde garnie de leurs vingt un grilion et surois, franc pour vingt, seront en outre tenus de faire avec les autres métayers tous les … nécessaire pour la maison de Charnoy et feront aussy tout ceux nécessaire pour les réparations et entretiens des bâtiments dud Domaine, tireront la … … … … pour icelles réparations et non pour les constructions nouvelles, de même qu’ils aideront a charoyer les foins de Prelouis desdits Seigr lorsque les Jeandiot les demanderont pour les conduire en celui de Charnoy,

Ne pourront divertir les patures qui seront au contraire totalement enployée sur les terres dud Domaine,

Ledit Seigr Baron de Choiseul et laditte Dame Girard son epouse fourniront auxd preneurs des bois pour leurs charues et harnois de labourage en en demandant au préalable la marque lesd preneurs planteront par chacun an six sauvageons dans les terres les plus proches du domaine que faire se poura, et les grefferont

Laisseront a la fin du present bail des bestiaux dans ledit domaine pour la somme de neuf cent soixante et trois livres,

Plus laisseront soixante et six boissellées de bled seigle d’enblavés, une boissellée d’orge d’hivert, cinq de froment et une demie d’orge d’été, vingt six boissellées d’avoine, un boisseau de bled noir le tout mesure de la ville de Lormes,

Laisseront aussy la cheneviere enblavée, laisseront cinquante sept boissellée de terre sombrée ?, dans lesquels grains ci-dessus lesdits preneurs y auront leurs moitié

Payeront les tailles et autres impositions royalles sous dixième et vingtième, outre ce ils payeront par chacun an limposition des corvées de grandes routes en cas quelles ayent lieux,

Le tout suivant la reconnoissance qu’ils en ont donné desd grains et bestiaux par acte recu Guillot nore le quinze juin 1759 collé a Lorme le vingt dudit mois par Huilhard

De même laisseront les brebis sans être tondue les ayant trouvée

Laisseront pareillement deux ruches a mielle. »

Fermier à Prélouis

La métairie de Daumont n’est pas la seule qu’exploitent les frères PETITIMBERT. Ils ont aussi un bail à ferme pour des biens à Prélouis de la même paroisse. Ainsi le 25 mai 1783, les deux frères « Pierre et Philippe Petit Imbert frères communs manouvriers demeurant a Domon paroisse de Mhere » délaissent à titre de bail pour neuf années à Antoine CLEMENT, laboureur à Prélouis :

« le bien que lesdits bailleurs tiennent a titre de bail a ferme de M. Philibert Emé Bertheau ancien procureur du baillage d’Avalon y demt, les parties n’ont pue nous dire la datte de l’acte, de ce duement enquis interpellés, situés a Prelouis susditte paroisse de Mhere consistant en batimens, cours, jardins, ouches, pres, terres, bois, buissons, eaux, cours d’eaux aisance et dépendance d’icelluy sans reserve que les bois et buissons qui la dependent la contenance duquel bien ledit preneur a dit bien connoitre pour lavoir vu et visitté avant que d’en entrer en jouissance,

Les grains de toutes espèces qui conviendront à être semés par chacun an dans les terres dudit bien seront fournis par moitié, et iceux venus en nature être coupé, liés charoyés, engrangé et … dans les bâtiments du bien dont il s’agit par led preneur pour y être convertis de paile en grains a frais communs et y être partagé au boisseau, par moitié

Les tailles, et accessoires d’icelles imposée sur led bien seront payées par ledit preneur autant d’année qu’il jouira sans que les bailleurs en puisse être inquiettés ni recherché s’il le paye en entrant bien entendus qu’il ne le payera pas en sortant,

Les gluis qui proviendront des bleds qui seront recoltés par chacun an dans le bien seront employés sur les couvertures des batimens d’icelluy les ouvriés employés a cet effet seront … et servis par led preneur (les perches et gluis par luy fournies) et les journées payée par les dits bailleurs

Se réservent ces derniers vingt cinq botes de foins par chacun an, que ledit preneur soblige de conduire en la ville de Lormes, dans un endroit qui luy sera indiqué, pour led Sr Bertheau,

S’oblige en outre icelluy preneur de planter et greffer par chacun an dans les terres les plus convenables et les plus proches des batimens dudit bien quatre sauvageons,

Rendera ledit preneur auxdits bailleurs quatre chapons par chacun an bon et recevable le jour de la St Martin d’hivert de chacune année, rendera pareillement aussy par chacun an et au même jour de St Martin d’hivert de chacune année dix livres de chanvre femelle en d’oignons qu’il prandera sur sa moitié sans prejudice aux dits bailleurs de leur moitié par tout

Fera led preneur les hayes vives et a la main de tous les heritages dud bien, … etouper les pres en temps et saisons convenable pour en entretenir la faux courante, enfin jouir du tout en bon père de famille

Les foins, pailles et fougeres qui provienderont par chacun an dans led bien seront conservés dans les bâtiments et cours d’icelluy bien, sans que led preneur puisse en vendre, et les poutures et graisses en provenant être employé sur les terres pour les graisser

Reconnois icelluy preneur qu’il a trouvé a son entrée dans led bien vingt sept boisseaux de bleds seigle deux de bleds fromens d’enblavés dans les terres d’icelluy et douse boissellées de terres sombrée, le tout mesure de la ville de Lormes soblige bien entendu d’en laisser pareil quantité a sa sortie

Reconnoit en outre ledit preneur avoir en sa charge puissance et garde des bestiaux de toutes espèces desd bailleurs, pour le prix et capital cheptel de six cent vingt livres payés par ces derniers, lesquels bestiaux servent a l’exploitation du bien dont il est ci-dessus parlé, s’oblige ledit preneur de les y nourrir, soigner, et héberger dans les batimens d’icelluy bien et du tout en rendre bon et fidel compte auxd bailleurs même des profits en provenant et leur en laisser pour pareil et semblable somme lors de l’expiration ou resiliation du bail des autres parts. »

Propriétaire à Daumont

Le dernier acte notarié que j’ai identifié concernant Philippe concerne l’achet d’un pré à Daumont.

Le 24 octobre 1784, Philippe PETITIMBERT, manouvrier à Daumont, achète à Jean PREVOTAT laboureur métayer à Oussy (paroisse de Montreuillon) et à son épouse Jeanne PETITIMBERT « le pré du Creux » situé à Daumont, de la contenance d’une voiture de foin ou environ. Cette acquisition se fait moyennant la somme de 306 livres.

Ces trois actes permettent de bien cerner à la fois l’activité et le niveau de vie de mon ancêtre.

Veuvage, remariage et décès

Françoise PETITIMBERT, l’épouse de Philippe, décède le 20 janvier 1788 « inopinément » selon les mots du curé, à l’âge de 35 ans.

Philippe se remarie le 12 octobre 1790 à Achun (58) avec Françoise GRILLOT.

Mariage PETITIMBERT-GRILLIOT à Achun – 1790 – AD58

Cette dernière lui donnera deux enfants nés en 1791 et 1794.

Notre paysan Philippe PETITIMBERT s’éteint le 27 novembre 1818 à Daumont, à l’âge de 69 ans. Sa veuve lui survivra plus de sept ans avant de décéder à son tour le 16 juillet 1826.

Décès de Philippe PETITIMBERT à Mhère – 1818 – AD58

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