Claude BEZAVE, le frère providentiel (2)

Dans mon article précédent, je vous ai présenté Claude BEZAVE, le frère de mon ancêtre Marie la jeune, décédé sans postérité.

Avant de mourir le 24 octobre 1745 à Enfert, paroisse de Montigny-en-Morvan (58), à l’âge de 60 ans environ, il avait couché sur le papier ses dernières volontés, parmi lesquelles le fait que sa maison devait être mise sous scellés et que ses meubles devaient être transportés à Château-Chinon où ils seraient vendus au plus offrant.

Il a désigné pour héritiers ses sœurs et leurs enfants : les deux plus jeunes, Marguerite (veuve CHARETTE) et Marie la jeune (veuve BOUFFECHOUX), ont la part belle avec leurs enfants ; Marie l’aînée (épouse GORY) est beaucoup moins bien servie ; quant aux enfants de feue Jeanne, ils héritent des miettes.

Le dossier est mis entre les mains de l’exécuteur testamentaire de Claude, nommé Jean Baptiste FEUILLET. Ce dernier convoque le notaire à Enfert le 13 décembre 1745 afin de procéder à l’inventaire des biens du défunt, avec l’aide de Pierre MICHEL et Jean MOROT, marchands sollicités pour procéder à l’estimation.

Inventaire après décès de Claude BEZAVE à Château-Chinon – 1745 – AD58

Objet de toutes les convoitises

Philibert GORY, l’époux de la sœur lésée demeurant à Château-Chinon, a lui aussi été convoqué : il « a declaré qu’ils n’ont moyen d’empecher lesdittes estimations appretiations et inventaire et qu’il perciste aux protestations par eux faittes dans le [jugement rendu au baillage de Château Chinon le premier du présent mois], et que sa presence ne pourra leur nuire prejudicier en aucune manière que ce soit. »

Les deux plus jeunes sœurs sont aussi présentes : « damoiselle Margueritte Bezave veuve de Me Antoine Charrette vivant Me chirurgien tant en son nom que comme tutrice confirmée en justice de leurs enfants mineurs demeurante a Boue parroisse de Mehere et damoiselle Marie Bezave la jeune veuve et commune de Me Claude Bouffechoux vivant marchand tant en son nom que comme tutrice confirmée a leurs enfants mineurs demeurante a Vizaine paroisse d’Ouroux. »

Celles-ci prêtent serment qu’elles n’ont fait ni divertissement ni recel des effets de leur frère. Ou enfin presque ! Elles déclarent « à la vérité qu’incontinent après le deceds dudit sieur Bezave etants dans la maison ou il est decédé avec la ditte damoiselle Marie Bezave l’aisnée épouse dudit sieur Gory n’ayants point de connoissance du testament olographe fait par ledit sieur Bezave elles et laditte Marie Bezave l’aisnée prirent chacunes un chandelier un porte chandelle entrant dans ledit chandelier deux gobelets deux cuillieres et fourchettes de table deux couteaux deux cuillieres a caffet le tout d’argent et lesdits couteaux a manche d’argent, une nappe et douze serviettes un drap sept chemises garnies a usage d’homme une paire de bas de soye et une paire de cotton a usage d’hommes, un oreiller couvert de taffeta rouge et deux tayes garnies de dantelle quatre plats et dix assiettes d’etain quatre mouchoirs un matelas de laine couvert de taille de lin une mante de laine blanche. »

Elles offrent de représenter chacune les effets en question lors de l’inventaire, « ainsy que quainze louis vallants chacun vingt quatre livres qu’elles prirent aussy dans le mesme temps et dont lad damoiselle Marie Bezave l’aisnée epouse dudit sieur Gory a eu la mesme quantité de louis d’or vallants aussy vingt quatre livres. »

Quant à Philibert GORY, il nie tout en bloc ! Il affirme n’avoir aucune connaissance de ces faits.

Mais ce n’est pas tout, les deux sœurs « déclarent qu’elles ont connoissance que ledit sieur Bezave avoit une montre d’or qui doit paroitre dans l’inventaire laquelle elles ont appris n’etre pas dans les effets delaissés par ledit sieur Bezave et quelles ont appris être entre les mains de Me Pierre Maillard maitre chirurgien demeurant audit Enfert […]
déclarent en outre lesdittes damoiselles comparantes que led sieur Bezave avoit un fusil qui devoit se trouver dans les effets de sa succession et qu’elles n’ont point de connoissance de ce qu’il est devenu
déclarent en outre que lors du partage des effets cy dessus elles mirent en presence et du consentement de lad damoiselle Marie Bezave l’aisnée seize louis d’or vallant piece vingt quatre livres entre les mains du sieur Lazare Boulle marchand demeurant audit lieu d’Enfer et que depuis ce temps lesd damoiselles comparantes ont retirés dud Boulle chacune deux louis d’or qu’elles ont employés dans leurs besoins de sorte que ledit Boulle na plus entre mains que douze louis d’or.« 

Les domestiques de Claude BEZAVE sont alors appelés à témoigner : comparaissent Jean GUILLOT, valet, et Jacquette DEBOZ, servante. Ils déclarent n’avoir rien vu « sinon que etants assis auprès du feu lesdittes damoiselles Marie Bezave l’aisnée Margueritte et Marie Bezave la jeune ouvrirent une harmoire et emporterent quelques effets mais ne scavent précisément en quoy concistes lesdits effets
déclarent en outre lesd Guillot et Deboz que quelque temps auparavant le décès dud sieur Bezave iceluy sieur Bezave prestat son fusil aud sieur Maillard pour s’en servir et que la veille de la mort dud sieur Bezave et dans une faiblesse qu’il eut ledit sieur Maillard prit une montre qui appartenoit audit sieur Bezave et l’emportat en disant que led sieur Bezave la luy avoit promise et qu’apres la mort dud sieur Bezave ledit sieur Maillard prit encore deux rasoirs une pierre a les repasser avec une paire de ciseaux qui est tout ce dont ils ont dit avoir connoissance.
« 

Les biens de Claude BEZAVE ont attiré toutes les convoitises… Il avait tout prévu dans son testament, sauf le fait que tout le monde viendrait se servir dès qu’il aurait passé l’arme à gauche !

Le notaire peut enfin passer à l’inventaire. Je ne le retranscrirai pas ici dans son intégralité, mais seulement les éléments les plus marquants.

Dans la première chambre à main gauche en entrant où est décédé ledit sieur Bezave

La première pièce semble être la pièce à vivre : crémaillère, chenets, pincettes et gril, poêles, broche, lèchefrite, marmites, chaudrons, fourchettes, seaux, le tout souvent en mauvais état. Un lot d’assiettes, pots et cuillères en étain vient compléter la batterie de cuisine.

Le couchage est très modeste : « un mauvais chalit qui ne peut être demonté sans être brisé garny de mauvais rideaux de tirtaine grise sans tringles sur lequel il y a une paillasse une contre et un traversin garnis de plume et une mauvaise mante de laine blanche. » D’ailleurs tous les meubles sont en mauvais état : « une mauvaise table ronde un mauvais fauteuil une cheze a mettre du sel et trois chezes garnies de paille le tout mauvais.« 

On y trouve une petite armoire à deux battants en noyer, ferrée et fermant à clé, dans laquelle sont rangés de riches vêtements, des armes et divers objets. On notera :

  • Un habit avec sa veste de drap gris de fer ; un habit veste et culotte, la veste bordée d’un galon d’or et l’habit et la veste garnis de boutons d’or ; un autre habit veste et deux culottes de camelot en soie à bouton d’or ; une veste d’étoffe de soie à fleur ; une veste de toile de lin garnie de dentelle d’argent ; une culotte de caleneaude rouge et une culotte de toile de lin
  • Trois chapeaux, l’un bordé d’or, un autre bordé de dentelle d’argent et un autre sans borde
  • Une épée à garniture d’argent avec le ceinturon et un manchon
  • Onze chemises garnies et six chemises de nuit
  • Un marron, un étui avec quatre rasoirs, une paire de ciseaux et une petite pincette
  • Un poignard, un grand couteau et une grande fourchette, un couteau cassé avec leurs étuis et une tabatière à cocombre ?
  • Deux paires de gant de coton et deux bonnets
  • Deux flacons, l’un de verre et l’autre de gourde et garnis d’argent
  • Trois perruques !

Je ne sais pas vous, mais je l’imagine très bien ce lointain collatéral, avec sa perruque, ses vêtements garnis d’or ou de dentelle d’argent et son épée !

La pièce contient une autre petite armoire façon buffet à quatre battants et deux tiroirs dans laquelle sont encore rangés quelques vêtements et du linge de maison.

Dans la chambre à droite

La deuxième pièce du rez-de-chaussée est meublée d’un lit de meilleure qualité que le premier : « un lict garny de rideaux de tirtaine jaune avec ses tringles le chalit de bois de chesne garny de coette paillasse et lict de plume deux matelats de crain deux mantes blanches.« 

On y trouve surtout du linge de maison (vingt draps de grosse toile, trente-cinq serviettes, trois nappes) ainsi que du chanvre et de l’étoupe. Mais surtout, on y découvre un violon avec son étui !

Les deux chambres basses sont enfin meublées de deux grandes table de bois de chêne avec leurs bancs.

Dans une chambre haute à droite

La petite troupe monte ensuite à l’étage. La première chambre haute est meublée et décorée avec goût. Elle contient « deux chalits garnis de pailliasse, de matelats de laine et un de contre garnie de plume avec leurs traversins et mantes dont l’une est mauvaise et l’autre bonne et leurs rideaux de serge verte les pantes en dehors et en dedans bordées de galons de fil blanc avec leurs tringles« 

On y trouve surtout « quatre grands pants et un petit de tapisserie bergame » ! Une table, deux bancs, deux chevets et six chaises viennent compléter le tout.

Dans une autre chambre haute à côté d’icelle

Avec la deuxième pièce à l’étage, on entre dans le grand monde ! Elle contient d’abord une grande armoire en noyer avec trois tiroirs, ferrée et fermant à clé. C’est là que se trouve la vaisselle précieuse : « un grand plat quatre moyens vingt deux assiettes et un cabaret composé de douze taces a caffay et leur sous couppe dont il y en a une de cassée une boitte a mettre thé ou caffay un pot avec son couvercle une tehiere un plat carré a mettre sucre deux pattes ? et une autre plus petitte une grande tace a caffay et son couvercle le tout de porselaine fine et grosse avec une petitte table de mesme verny que le cabaret.« 

Elle est décorée de « quatre tableaux a cadres dorés représentants les quatre evangelistes » et meublée de « six chezes un fauteuil et deux placets couverts de tapisserie avec leurs mateaux de toille. » On y trouve aussi un miroir à cadre doré, une pendule avec son piédestal, deux bains (?) couverts de cuir roussi avec leur soubassement, et enfin « deux licts a la duchesse garnis de rideaux de serge bleux bordés d’orore avec les platsfonds bonnes grans pantes et sous pantes pailliasses matelats de crain contres et traversins de cotton fin garnys de plume une mante blanche fine et deux courtes pointes de tafetat bleux piquées sur l’un desquels licts il ny a point de mante blanche. » Et enfin « quatre grands pants de tapisserie bergame et deux petits dont l’un des grands est for endommagé et un autre grand pant.« 

Personnellement, j’ai l’impression d’être au musée ou de faire une visite guidée dans un château (château modeste et de petite taille, mais château quand-même !).

Dans les greniers de ladite maison

Le notaire procède ensuite au mesurage des grains : il va dénombrer pas moins de 115 boisseaux de blé seigle, 27 boisseaux de froment et 8 boisseaux de navette.

Les effets prélevés par les deux sœurs

A ce moment de l’inventaire, les deux sœurs représentent les objets qu’elles avaient prélevés avant d’avoir pris connaissance du testament de Claude : dix-sept chemises fines garnies, draps, nappes, serviettes, mouchoirs, bas de coton et de soie, ainsi que des oreillers couverts de taffetas cramoisi avec double taie garnis de dentelle.

Ensuite on ne sait pas trop où on est. Toujours dans le grenier ? Ou bien avec les deux sœurs ? Le fait est qu’on trouve encore du satin broché, des plats et assiettes en étain, des boucles de soulier et de jarretière en argent, « deux pandants d’oreille a pierre verte montées en or« , « une tabattiere un ethuy et des agraphes a cravatte et un bouton a manche cassé le tout d’or« , deux bagues en or, ainsi qu’un diamant monté en or !

Mais ce n’est pas tout : il y a encore une belle quantité de vaisselle en argent : plats, cuillères et fourchettes de table, cuillères à café, à soupe et à ragoût, flambeaux, huilier, moutardier, poivrier, salières, sucrier, pot de chambre (!) et couteaux. Il y en a pour pas moins de 2500 livres !

Restent encore quelques pièces d’habillement :

  • deux coiffures garnies de dentelle et de rubans avec les mouchettes et tours de gorge garnis de semblable dentelle
  • un manteau d’écarlate avec la housse et les faux fourreaux aussi d’écarlate bordée d’un galon d’or
  • un manteau de drap bleu
  • un mauvais manteau de bouracan gris

On mentionnera enfin « deux scelles deux mauvaises brides et une bonne avec son filet une paire de bottes molles deux chasses mouches avec une paire de fontes de pistolet » ainsi qu’un vieux fusil, deux pistolets et trois feuillettes de vin du Pays-Bas !

En terme d’outils, on dénombre un passe-partout, une cognée, trois coins de fer, une serpe, un couperet et une bêche.

Les domaines

Il faut ensuite faire le tour des domaines que possédait Claude BEZAVE.

Le domaine Bré est exploité par les PREGERMAIN. On y trouve 55 boisseaux de blé, 19 boisseaux de froment, 20 boisseaux d’avoine et 7 boisseaux d’orge.

Jean RENAULT, un autre métayer, a quant à lui sur un grenier 10 boisseaux de froment et 8 boisseaux d’avoine. Le blé n’a pas été battu.

Les bestiaux

Reste à présent à dénombrer les bestiaux !

Dans la basse-cour, on trouve deux châtrons, deux vaches, un veau et une jument.

Au domaine d’Enfert exploité par PREGERMAIN, ce sont quatre bœufs de trait, quatre taureaux de trois ans, six vaches, un veau, trois taures de deux ans et vingt-trois brebis.

Au domaine de Jean RENAULT, on compte quatre petits bœufs, deux taureaux de deux ans, trois vaches, un veau et vingt-six brebis.

Mais il y a aussi de nombreux chepteliers :

  • chez Etienne BORDOT à Enfert : quatre vaches, trois veaux et onze brebis.
  • chez Hugues MINEAU à Enfert : deux vaches, une taure de trois ans et une autre de deux ans.
  • chez Jean SOUVERAIN à Enfert : une vache, une taure de deux ans et huit brebis.
  • chez Dominique MINEAU à Prégermain : deux petits bœufs, deux petits châtrons, deux vaches, deux veaux et une taure de trois ans
  • chez François CHAUVEAU à Bouin : deux petits bœufs, deux vaches garnies, deux taures d’un an et onze brebis
  • chez Claude GAULON à Bouin : deux taureaux de deux ans, une vache, un veau, deux grandes taures de deux ans et sept brebis
  • chez Nicolas MINEAU à l’Huy Mineau : deux bœufs de trait, deux taureaux de deux ans, trois vaches et trois veaux

Ca en fait du monde ! Et surtout, il semble que Claude BEZAVE faisait vivre tout le quartier…

Les papiers

Tout bon inventaire se termine par le passage en revue des papiers, et celui-ci ne fait pas exception :

  • A – le contrat de vente du 22/08/1733 par Jean BRE concernant le domaine d’Enfert
  • B – une obligation, assignation et sentence d’intérêts du 16/09/1733, 17 et 30/07/1742 contre Etienne BORDOT d’une somme de 180 livres et 94 livres
  • C – une obligation de 73 livres portant cheptel faite au profit de défunte Jeanne BOULLENOT (la mère de Claude BEZAVE) par Philippe CHAUVEAU veuve de Jean CLAIR et Jean SOUVERAIN son gendre
  • D – un bail à métairie contre Jean RENAULT du 29/05/1741
  • E – un cheptel de 192 livres portant obligation de 108 livres consentie par Nicolas CHAUVEAU au profit de Jeanne BOULLENOT le 16/09/1733
  • F – une obligation de 307 livres portant cheptel pour Gabriel BEZAVE (le père de Claude) contre Claude MINEAU du 23/09/1725
  • G – une obligation de 130 livres portant cheptel du 05/01/1738 au profit de Jeanne BOULLENOT contre Claude GAULON
  • H – un dossier contenant un cheptel de 300 livres consenti par Dominique MINEAU et Claudune PROVOTAT le 07/09/1735
  • J – un contrat du 25/09/1742 portant licitation entre Claude BEZAVE et ses cohéritiers
  • K – un cheptel de 80 livres et une obligation du 21/05/1725 et 14/10/1732 au profit de Jeanne BOULLENOT contre Etienne LEPIOT
  • L – un contrat d’acquisition contre Hugues BEZAVE et Germaine MIRON d’une petite maison et dépendances du 07/09/1735
  • M – une promesse de passer contrat de 1200 livres en principal du 07/11/1735 et un autre de 800 livres du 08/11/1736, par Charles DEVALLERY et Marie COUJARD
  • N – un contrat de constitution de rente de 1200 livres en principal aux intérêts de 60 livres consenti par Lazare et Léger PILLIN le 24/11/1737
  • O – un contrat du 29/01/1738 portant ratification par Pierrette GUYARD épouse de Lazare PILLIN du précédent
  • P – un billet du 02/08/1742 fait par le sieur BEZAVE de Corbigny de la somme de 120 livres
  • Q – un contrat d’acquisition d’immeubles au profit de Gabriel BEZAVE contre Léonard FEUILLET, Jean FINET et Marie BONNET du 31/07/1715

Me voilà bien renseignée pour repartir à l’assaut des archives notariées de Château-Chinon, où je rechercherai en priorité la cote J concernant la succession des parents !

Un frère providentiel

Ca donne le tournis, vous ne trouvez pas ? Quand je compare à la moyenne de mes ancêtres, Claude BEZAVE était richissime. L’estimation des meubles inventoriés s’élève à pas moins de 9811 livres 8 sols !

Les meubles vont donc être mis en vente, selon la volonté de Claude BEZAVE. Voici une succession providentielle pour les deux veuves et leurs enfants. Et pour moi aussi à vrai dire, ce voyage au sein d’une maison bourgeoise movandelle fut un véritable régal !

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