Mes mineurs du Pas-de-Calais

Ceux qui suivent mon blog se seront peut-être rendu compte que le Pas-de-Calais ne fait pas partie de mes terres généalogiques de prédilection. Mon fils a des ancêtres dans le Nord, l’Aisne, la Somme et le Hainaut belge, mais le département pourtant voisin du Pas-de-Calais fait figure de terre inconnue… ou presque !

Le bassin minier de Lens a tout de même attiré deux couples de ma généalogie, chacun sur une courte durée, et c’est de ces deux couples que je vais vous parler aujourd’hui.

Constantin Jean Baptiste COCU et Désirée Clotilde HANARTE à Hénin-Liétard – 1874-1876

Constantin Jean Baptiste COCU et Désirée Clotilde HANARTE sont les SOSAs 42 et 43 de mon fils. Ils ont passé leur vie à Bon-Secours, sur la commune de Péruwelz (Belgique) :

  • Lui y est né le 16 mars 1852 et elle le 4 février 1853 ;
  • Ils s’y sont mariés en 1873 ;
  • Cinq de leurs enfants y sont nés entre 1873 et 1887 ;
  • Ils y sont décédés en 1904 et 1910 respectivement.

Autant dire que j’ai bien failli passer complètement à côté de leur bref passage dans le Pas-de-Calais ! Or le couple y a vécu de 1874 à 1876, peu après leur mariage ! Retraçons l’enchaînement des événements : lorsque Constantin Jean Baptiste et Désirée Clotilde se marient le 25 juin 1873 à Péruwelz, lui est dit ouvrier mineur, tandis qu’elle est journalière. Désirée Clotilde est déjà bien enceinte, vu qu’une petite fille prénommée Malvina (l’ancêtre de mon fils) naît le 7 septembre suivant ; Constantin Jean Baptiste est alors déclaré journalier.

C’est entre septembre 1873 et octobre 1874 que le couple part s’installer à Hénin-Liétard, devenue depuis Hénin-Beaumont suite à la fusion de la commune avec Beaumont-en-Artois. Deux enfants y naîtront :

  • Estelle le 31 octobre 1874 ; le père est houilleur et la famille habite rue de Douai
  • Jean-Baptiste le 30 octobre 1876 ; le couple a déménagé rue de Drocourt

C’est dans cette même rue de Drocourt, côté gauche, qu’on retrouve le couple lors du recensement de 1876 :

La famille COCU dans le recensement de 1876 à Hénin-Liétard – AD62

Je ne sais pas à quelle date la famille est repartie à Bon-Secours, mais c’est là que naît le quatrième enfant du couple, une petite Clotilde, le 19 février 1879. Constantin Jean Baptiste y est toujours ouvrier mineur. Il le restera jusqu’à son décès le 1er juin 1904 au hameau des Broutins, à l’âge de 52 ans.

Pierre Eugène CHAMPROUX et Anne LAMOINE à Noyelles-Godault – 1906-1911

Il y a dans mon arbre un deuxième mineur ayant fait un passage dans le Pas-de-Calais. Il s’agit cette fois d’un collatéral, Pierre Eugène CHAMPROUX, qui se trouve être un des frères de mon arrière-arrière-grand-père Jules Henri CHAMPROUX, mort pour la France à Verdun en 1916.

Ici encore, le passage par ce département n’avait rien d’évident :

  • Pierre Eugène est né à Condat-lès-Montboissier (63) en 1882 ;
  • Il s’est marié avec Anne LAMOINE à Montaigut (63) en 1905, commune où est également née leur fille aînée neuf mois plus tard ;
  • Il est décédé à Commentry (03) en 1931.

C’est sa fiche matricule qui me donne plus de détails sur ses déplacements : le couple s’installe à Noyelles-Godault (62) en 1906, peu après son mariage, comme cela avait été le cas avec le couple COCU trente ans auparavant. Deux enfants y naîtront :

  • Abel le 2 novembre 1908 ; Pierre Eugène est alors houilleur ;
  • Gisèle le 11 mai 1910 ; Pierre Eugène est fondeur et la famille vit rue Gambetta.

On les retrouve dans cette même rue Gambetta lors du recensement de 1911 ; Pierre Eugène y est dit chauffeur pour la Société anonyme des Mines de Malfidano.

La famille CHAMPROUX dans le recensement de 1911 à Noyelles-Godault – AD62

Pierre Eugène est appelé à la mobilisation générale en 1914 ; il est placé en sursis d’appel de 60 jours en qualité de piqueur aux Mines du Bourbonnais à Commentry (03). Détaché le 13/10/1915 à l’usine Petit à Commentry, il restera en mine jusqu’à sa démobilisation le 13/03/1919. A la démobilisation, il se retire à Noyelles ; il part ensuite pour Courcelles-lès-Lens (62) au 11 rue de la Fabrique en 1921, et revient finalement à Pourcheroux, commune de Commentry (03) en 1922. C’est là qu’il décédera le 22 octobre 1931 à l’âge de 49 ans.

Pierre Eugène CHAMPROUX lors de son service militaire (30e bataillon de chasseurs)

Voilà qui résume l’ensemble des événements de ma généalogie ayant eu lieu dans le Pas-de-Calais ! Cela montre bien que le bassin minier de Lens a attiré des travailleurs pouvant parfois venir de loin. Si l’un de mes lecteurs a des ficelles à me donner pour en apprendre plus sur le parcours de ces deux hommes, je suis preneuse !

12 réflexions sur “Mes mineurs du Pas-de-Calais

  1. Gilles LABEEUW

    Merci, Christelle, de nous rappeler l’action de ces ancêtres pour notre liberté et notre bien être physique (on chauffait au charbon), et qui y ont laissé leur santé en mourrant bien jeunes.

    >

    Aimé par 1 personne

    1. Merci Laure ! Une recherche rapide sur mon téléphone ne m’a pas permis d’identifier leurs noms parmi les dossiers numérisés, je crains qu’ils n’y soient pas. Mais je regarderai plus posément ce soir car j’ai peut-être été un peu vite.

      J'aime

    1. Sur sa fiche matricule, la résidence de Pierre Eugène CHAMPROUX passe directement de Montaigut à Noyelles-Godault, donc pas de passage par Brassac-les-Mines. Par contre, bien que ce ne soit pas dans le même département, Montaigut n’est qu’à 15km de Commentry, il est donc très probable que ce soit là qu’il ait commencé sa carrière de mineur avant de partir dans le Pas-de-Calais.

      Aimé par 1 personne

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