#lemoisGeneatech – Découverte aux archives

Février 2021 est le mois GeneaTech pendant lequel on met la généalogie à l’honneur ! L’association nous propose un thème par semaine, le troisième étant « Une découverte que vous n’auriez pas pu faire sans vous rendre aux archives. »

Voilà une belle occasion pour moi de revenir sur une de mes premières séances aux archives, il y a une dizaine d’années de cela. Je m’intéressais alors à ma branche axonaise, et je m’étais rendue aux archives départementales à Laon (02). Un des couples qui m’intéressait alors était celui de Nicolas MAHIEUX et Françoise MORA.

Nicolas MAHIEUX et Françoise MORA

Nicolas MAHIEUX et Françoise MORA sont les SOSA 8146 et 8147 de mon fils. Ils ont eu dix enfants à Oisy (02) entre 1689 et 1711, dont mon ancêtre Marie Anne MAHIEUX (1699-1760). On retrouve leur acte de mariage à Fesmy-le-Sart (02) en date du 10 février 1688. Malheureusement, cet acte n’est pas filiatif :

Mariage MAHIEUX-MORA à Fesmy – 1688 – AD02

« Cejourd’huy mardy dixiesme jour du mois de febvrier 1688 entre Nicolas Mahieux de la parroisse d’Oisy d’une part et Françoise Mora de cette parroisse d’autre part lesquels ont accomply ce mariage en face de nostre mere Ste esglise catholique et apostolique et romaine apres avoir fait proclamation des trois bans en l’esglise parroissialle dud. Oisy et en cette parroisse la ou ne s’y est trouvé aucun empeschement le tout fait en pñce des tesmoingt cy apres desnommez le jour et an susdit. »

Arbre minimaliste avant séance aux archives

Impossible donc de remonter plus loin la branche MAHIEUX, d’autant que les archives d’Oisy ne commencent qu’en 1669. Mais c’était sans compter les trouvailles faites en écumant les registres des archives notariées d’Etreux (02).

Un remboursement en 1708

Le premier acte qui va m’aider dans cette recherche est un remboursement daté du 12 juillet 1708. Il met en scène :

  • Florence MORA, demeurant à Boué (02), veuve de Nicolas POULLET laboureur à Oisy
  • Jean PAIN ET VIN l’aîné, laboureur à Etreux, curateur et oncle paternel des enfants mineurs à cause de défunte Christine POULLET sa femme
  • Claude LEVEND, Louis PREVOST et Pierre GODIN laboureurs à Oisy, Bergues et Boué, avec Geneviève, Madelaine et Marie Antoinette POULLET leurs femmes, toutes trois filles de Florence MORA et Nicolas POULLET
  • Nicolas MAHIEUX l’aîné, marchand laboureur à Oisy et Françoise MORA sa femme (sœur de Florence)

Mes ancêtres Nicolas MAHIEUX et Françoise MORA versent 818 livres 15 sols en écus blancs aux autres comparants, dont 800 livres de principal, en remboursement d’une rente de 50 livres au denier 16, due pour un quart par ledit MAHIEUX et pour les trois autres quarts par Nicolas, Claude, Marie et Jeanne MAHIEUX ses neveux et nièces demeurant à Boué, Oisy et Catillon-sur-Sambre comme héritiers de Pierre MAHIEUX et Barbe LAGASSE leurs père et mère. La rente avait été contractée par réobligation le 17 mars 1694 suite au remboursement qu’ils en avaient fait à défunt Claude CARPEAU receveur du duché de Guise.

Voici qui me donne plusieurs éléments familiaux, tant du côté MORA que du côté MAHIEUX.

Arbre un peu moins minimaliste (et encore je n’ai pas ajouté les neveux et nièces)

Cet acte me permet également d’identifier la signature de mon ancêtre Nicolas MAHIEUX :

Remboursement MAHIEUX-MORA à Etreux – 1708 – AD02

Deux partages

En remontant le temps, on tombe cette fois-ci sur deux partages datés du 4 mars et du 12 juin 1699. Le premier est un partage des biens immobiliers appartenant à Claude MAHIEUX, entre Pierre et Nicolas ses enfants. Les signatures me confirment qu’il s’agit bien là de mon ancêtre Nicolas, et donc aussi de son père (dont je ne connaissais jusque là pas le nom) et de son frère.

« Furent presents Claude Mahieux laboureur demeurant a Oizy vefve en premiere nopce de deffunte Marye Macquigny et en dre de Marie Dolignon d’une part, Pierre et Nicolas Mahieux frerres aussy laboureurs demeurant a Boué et audit Oizy, enffans heritiers de ladte deffunte Macquigny et dudit Mahieux, d’autre part« 

Arbre complété après séance aux archives

Claude MAHIEUX partage ses bâtiments et les (nombreuses) terres qu’il possède en deux lots qu’il attribue à chacun de ses deux fils. Pierre sera tenu de payer 610 livres 12 sols à Nicolas pour la plus grande valeur de son lot (Pierre s’étant vu notamment attribuer tous les bâtiments). Or c’est Nicolas qui occupait les bâtiments jusqu’alors : il devra donc en sortir avec ses bestiaux, vider les meubles, y compris grains, fourrages et bois. Nicolas rachète à son père la moitié des bêtes chevalines, harnachements et ustensiles servant au labour et charroi, même la moitié d’un putif qui est dans la cour (le tas de fumier, donc !).

Les deux garçons devront payer à leur père 80 livres 15 sols de pension annuelle sa vie durant, ainsi que 200 livres une seule fois chacun, payables sous deux ans. Le père jouira sans loyer de deux espaces de bâtiments qu’il occupe, l’un servant de maison et l’autre de petite chambre, moitié de la cave et une place dans la grange pour y stocker ce qu’il aura besoin, et dans l’étable pour y héberger deux à trois vaches, ainsi qu’un petit jardin à potager. Ses fils devront lui charroyer son bois à brûler (chacun deux voitures par an).

Le lendemain 5 mars, les deux frères reclarifient quelques points. Entre autres, Nicolas se réserve le droit de cuire dans le four autant que de besoin et paie 105 sols à son père pour 21 volailles (tant poulets que canards) qu’il lui a délaissées.

Il se trouve que le père, Claude MAHIEUX, décède deux mois après ce partage, le 17 mai 1699 :

Décès de Claude MAHIEUX à Oisy – 1699 – AD02

« Le 17e may 1699 fut decedé Claude Mahieux laboureur dem a Oizy aagé de quatre vingt ans ou environs apres avoir esté confessé et recu le St viatique et le St sacrement d’onction son corps a esté ensepulturé dans le cimetier de cette paroisse en pnce des tesmoings quy ont signes avec moy en la minutte des pntes je jo & an que dessus. »

Les deux garçons convoquent à nouveau le notaire, le 12 juin suivant, afin de procéder cette fois-ci au partage des meubles ayant appartenu à leur père.

« Furent pnts Pierre et Nicolas Mahieux frere laboureur dem a Boué et Oizy enfans et heritier de deffunt Claude Mahieu et Marie Macquigny […], desquels effet argent et debte lesd Pierre et Nicolas aagé suffisament en ont faict la partage et divisions entre eux le plus juste et egallement qu’ils ont peu en sorte que chacuns a pris et enelevé sa moitié apres deux lots qu’ils en ont faict amicallement de magniere qu’ils se tiennent pour bien content et satisfait »

Ils ont auparavant fait rapport de leurs contrats de mariage, celui de Pierre en date du 14 juillet 1675 et celui de Nicolas en date du 28 décembre 1687, tous deux reçus pat Me TRICOT, notaire royal à Fesmy (note pour moi-même pour une prochaine visite aux archives : vérifier si ces documents ont été conservés). Ne reste plus à partager entre eux que les grains ensemencés dans les prés, qu’ils feront à la gerbe lors de la récolte.

Partage MAHIEUX à Etreux – 1699 – AD02

Un inventaire

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : en remontant plus loin, je découvre, daté du 18 mars 1696, un « inventaire de la femme de Claude Mahieux d’Oisy » , j’ai nommé Marie DOLIGNON, décédée le 22 février 1696. Il s’agit donc de la belle-mère de mon ancêtre Nicolas.

Cet inventaire est incomplet : il ne contient aucun paragraphe d’introduction ou de conclusion, seulement une liste d’effets sur quatre pages, avec leur prix et leurs acquéreurs. Le montant total de la vente s’élève à 86 livres 2 sols.

Les effets sont constitués :

  • d’ustensiles de cuisine : crémaillère, chenets, seaux, marmites, chaudrons, pots, plats, clayettes, assiettes, écuelles, bouteilles, cuillers, salière, poêle à frire, saloir, une paire de balance, une paire de gaufrier, deux lampes de fer ;
  • de petit outillage : hotte, hache, merlin, serpe, pelles, tamis, fers à retendre ;
  • de quelques meubles : mée, table, escabeau ;
  • de vêtements et de linge de maison : trois essuie-mains, deux serviettes, une paire de souliers, deux bonnets, neuf gorgerettes, huit coiffes, deux coiffes de nuit, une jupe de demi ratine rouge, une longue chemisette de demi ratine, deux jupes noires, une chemisette brune et une noire, un tablier gris, un corselet sans manche et deux chemises.

Voici autant d’éléments que je n’aurais jamais pu découvrir sans me rendre aux archives. Ca me donne d’ailleurs envie d’y retourner dès que j’en aurai l’occasion ! Pas vous ?

10 réflexions sur “#lemoisGeneatech – Découverte aux archives

  1. J’imagine tes premières émotions aux archives départementales quand tu as découvert ces documents ! C’est toujours très « excitant » de retrouver des traces de nos ancêtres sur ces vieux papiers ! 😉
    Tes arbres ont été dessinés sur draw.io si j’ai bien compris ? 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Ces séances de recherches à Laon avaient été particulièrement fructueuses, c’était top ! Oui c’est bien draw.io, fait en 15min hier après le chat (il y a forcément moyen de faire plus joli, c’était vraiment pour tester le concept et ça m’a convaincue).

      Aimé par 1 personne

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