E comme Ensemble – Grigneville (45) et Rumont (77)

Mon challengeAZ 2020 a pour thème les actes de sépulture et leurs mentions insolites. Pour cette lettre E comme Ensemble, je vous parle des cas de Lubine BOUDARD et de Marie Jeanne POIGNARD, malheureusement pas assez rares.

Les actes de sépulture

Ce sont aujourd’hui deux actes que je vous propose. On retrouve le premier dans les registres BMS de Grigneville (45), depuis rattachée à Greneville-en-Beauce (45) en date du 14 juillet 1690 :

Ensemble 1690-07-14 décès Boudard Lubine
Acte de sépulture de Lubine BOUDARD à Greneville-en-Beauce – 1690 – AD45

« Le mesme jour et an, est morte la mere et l’enfant. La mere Lubine Boudard, apres avoir receu le sacrement de penitence et d’extresme onction par moy prestre curé soubssigné aagée de trente cinq ans [femme de Jacque Gilbert tailleur d’habits]. Leur corps ont esté inhumez le lendemain 15e juillet au cimetiere de Grigneville et leurs obseques ont esté faittes en l’église dudit Grigneville par moy prestre curé soubssigné en presence du mary et enfans et autres parens et de Jean Dupré sonneur »

Le second se trouve dans les registres BMS de Rumont (77) en date du 26 décembre 1726 :

1726-12-26 décès Poignart Jeanne
Acte de sépulture de Jeanne POIGNARD à Rumont – 1726 – AD77

« Le 26 decembre 1726 a esté inhumé dans le cimetiere de cette paroisse Jeanne Poignart femme de Pierre Boiscommun vigneron agee de quarante ans avec elle a esté inhumé Marie Jeanne sa fille agée de quatre jours. en presence de Pierre Boiscommun époux et de plusieurs autres parents et amis. »

Lubine BOUDARD, SOSA 7811

Lubine BOUDARD a épousé Jacques GILBERT, tailleur d’habits, le 4 novembre 1670 à Guignonville (45).

Le couple s’installe à Grigneville où naîtront huit enfants : Marguerite (1673), Antoinette Marie (1676-1727), Geneviève (1678), Saturnin (1680), Catherine (1683), un fils né sans vie (1686-1686), Jacques (1687) et Jean (1690-1690).

C’est le vendredi 14 juillet 1690 que Lubine BOUDARD se prépare à accoucher de son huitième enfant. Malheureusement les choses ne se passent pas très bien et la matrone, Marie AUBRY, estime nécessaire d’ondoyer le petit Jean à la maison dès sa naissance. Il est en effet probable que le nourrisson ne survive pas.

Le curé de Grigneville aura malgré tout le temps de parachever les cérémonies de baptême de l’enfant, qui recevra pour parrain et marraine Jean ROUSSEAU et Gillette LESCURIE, femme de Jean BOUDET. Il aura également le temps d’administrer les derniers sacrements à Lubine BOUDARD, qui semble avoir supporté l’accouchement aussi mal que l’enfant.

Il était temps en effet, car mère et enfant s’éteignent le jour même. Ils seront inhumés dès le lendemain, ensemble pour l’éternité.

Marie Jeanne POIGNARD, SOSA 3915

Quant à Marie Jeanne POIGNARD, elle a épousé Pierre BOISCOMMUN dit « le Tonnelier » le 30 juin 1711 à Rumont (77). Pierre exerce le métier de vigneron.

Elle aussi mettra au monde huit enfants : Claude (1712), des jumelles Anne (1714-1721) et Marie Jeanne (1714-1742), Pierre (1717-1717), Jean (1718), Marie Louise (1721), Anne (1724) et Marie Jeanne (1726-1726).

Son dernier accouchement lui sera aussi fatal : elle met au monde une petite fille le 22 décembre 1726, qui est baptisée Marie Jeanne. Quatre jours plus tard, mère et enfant sont enterrées ensemble. Triste Noël que celui-ci…

20 réflexions sur “E comme Ensemble – Grigneville (45) et Rumont (77)

  1. J’ai vu ce genre de décès mais à quelques jours de décalages entre enfant à 4 jours et mère à 7 jours. Le mari était tellement attristé qu’il ne s’est remarié que 14ans plus tard et n’a pas eu d’enfant.
    Ma narratrice ne connaissait pas cette histoire que je lui ai trouvé par recherche généalogique. Mais elle connaissait le suite sans le savoir car son père, neveu de la défunte avait refusé d’ épousé quelqu’un de la famille du mari esseulé qui tentait ainsi de rendre les terres à la famille de sa défunte femme.
    Ma narratrice ne connaissait même pas cette grande tante, juste le nom de famille sur une terre en tractation dans un potentiel mariage.

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  2. wolfram2011

    Que c’est triste ! Je n’ai jamais croisé ce type d’acte, l’enfant et la mère ont toujours deux actes de sépulture distincts. Peut-être que ça a un lien avec le département et les coutumes locales.

    Aimé par 1 personne

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