F comme FLAMME : une fratrie remarquable

Je profite de ce challengeAZ 2019 pour vous présenter la branche de mon conjoint originaire de Condé-sur-l’Escaut (59). Pour cette lettre F, je vais vous parler de la fratrie FLAMME.

La branche FLAMME est une branche un peu particulière dans la généalogie de mon conjoint, car c’est celle par laquelle ses deux parents cousinent… du 9ème au 10ème degré ! De nombreux contrats de mariage m’ont permis de mieux cerner la vie de cette famille.

Les parents : Pasquier FLAMME, boucher, et Catherine LOCQUET

Pasquier FLAMME a épousé en premières noces Catherine BOULET, le 25 janvier 1680 à Condé-sur-l’Escaut. Cette dernière lui a donné trois enfants : Charles en 1681, Jeanne Agnès en 1682 et enfin Anne Françoise en 1684. Catherine est décédée un an après son dernier accouchement, le 16 avril 1685.

Pasquier se remarie alors avec Catherine LOCQUET le 26 octobre 1685. De ce deuxième lit naîtront trois enfants, dont deux sont les ancêtres de mon fils : Nicolas en 1687, Catherine en 1690 et Pasquier en 1692. C’est cette fratrie qui va nous intéresser aujourd’hui.

Pasquier (père) exerce la profession de boucher. Il décède entre 1692 et 1694.

Catherine LOCQUET se remarie à son tour le 22 janvier 1695 à Condé avec Jean LONGUEBRAY, boucher lui aussi, natif de Béclers (Belgique) et demeurant à Condé.

Ils ont auparavant établi un contrat de mariage le 31 décembre 1694 : Jean est « bien et deuement habillé » et sait « son mestier de boucher » , ce qui suffit à satisfaire la future épouse. Catherine est quant à elle « meublée des lits, meubles, et ustansils de mesnage tel quil convient a une honneste bourgeoise. »

Etant donné que Catherine a retenu trois enfants de son mariage avec Pasquier FLAMME, les futurs mariés prennent les dispositions suivantes : « ont declaré d’un accord commun de leur donner a chacun dyceux, la somme de cent florins une fois payée, et de les nourrir par le derer vivant, jusques a l’age de dix-huit ans quil pourront prendre estat honorable et de les habiller et entretenir suivant leur estat et condition. » Au décès de Catherine LOCQUET, « ses pendants d’oreille, croix dor et trois bagues, retourneront directement a Catherinne Flamme sa fille, […] avec un lit estoffé pour son usage. »

Catherine LOCQUET est propriétaire « par droit d’acquisition faite avec deffunct son mary » de « deux petites maisons seantes dans la rue au beure en cette ville. » Elles seront partagées entre les enfants nés et à naître de Catherine, ainsi que « tous autres biens, meubles et immeubles que les futurs mariants pourront acquerir par ensemble. » Jean LONGUEBRAY est également propriétaire, avec son frère Pierre, d’ « une moitié de maison et heritage seante au village de Becler. » Si aucun enfant vivant ne naît de leur union, le survivant jouira des revenus de ces immeubles sa vie durant.

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Contrat de mariage LONGUEBRAY-LOCQUET à Condé (signatures) – 1694 – AD59

Ni Jean ni Catherine ne savent signer, ils apposent leurs marques au bas du contrat. Ils n’auront pas d’enfant ensemble à ma connaissance.

Le mariage de l’aîné, Nicolas, avec Marie Barbe CHADAR

Nicolas FLAMME, l’aîné de la fratrie, est né le 6 mars 1687 à Condé. L’accouchement a dû être compliqué car il a été « baptisé auparavant en nécessité par la sage femme. » Mais ces débuts difficiles ne l’empêcheront pas de grandir et de devenir cordonnier.

1687-03-06 naissance Flamme Nicolas
Baptême de Nicolas FLAMME à Condé – 1687 – AD59

« Item. Nicolas Flamme fils de Pasqués et Catherine Locquéz. p. Nicolas Locquéz m. Marie Demoutiés. L’enfant fut baptizé auparavant en necessité par la sage femme »

Il épouse Marie Barbe CHADAR (ou JADAR), fille de Jean, cabaretier, et de Barbe BRUNEAU, le 28 septembre 1706. Il a 19 ans, elle en a 16.

1706-09-28 mariage Flamme-Chadart
Mariage FLAMME-CHADART à Condé – 1706 – AD59

« Le 19 : 7bre 1706 : en pnce de François Delcourte, Michel Sapin et autres les contractans aÿants declaré, leurs qualités être celles de fils de boucher et fille de cabaretier sont fiancés
Nicolas Flamme
Marie Barbe Chadart
le premier ban publié     le 19 : 7bre
le second                           le 21 : 7bre
le 3e                                   le 26 : 7bre
controllé le 27 : 7bre
et sont épousés le 28 7bre 1706 : en pnce de Jean Longuebraÿ, Catherine Locqué et Barbe Bruneau témoins »

Ils ont auparavant établi un contrat de mariage, le 14 septembre 1706 :

« A l’honneur de Dieu et de nostre mere la Sainte Eglise le traitté et convention de mariage se fait entre Nicolas Flamme garçon cordonnier demeurant en cette ville assisté de Jean Longuebray son beaupère et de Catherinne Locqué sa mere d’une part Et Marie Barbe Chadar assistée de Jean Chadar et de Barbe Bruneau ses père et mere d’autre part »

Jean LONGUEBRAY promet à Nicolas FLAMME la somme de 100 florins pour sa fourmourture. Ce dernier « a declaré qu’apres le deces de sa mere il heritera de sa part avec ses freres et sœurs de trois maisons gisant en cette ville dont deux sont dans la ruelle au boeure tenant l’une à l’autre, […] et la troise dans la rue des Casernes de Cavallerie tenant a l’hostel de Mgr le Comte de Solre. »

Les parents de Marie Barbe CHADAR « ont promis de meubler lesd. futurs conjoins suivant leur estat et pour cet effet ils leur donneront un lit garny, quatre paires de draps, une dousaine de serviettes, quatre nappes, quatre plats d’estain, une demye dousaine d’assiettes d’estain, un coffre, deux tables, une demye dousaine de chaises et des ustancils de cuisinne, une dresse avec la barre a pots, et la garderobe apartiendra ausd. futurs conjoins apres le deceds desd. Jean Chadar et Barbe Bruneau. » Ils leur offriront nourriture et logement pendant six mois à compter du mariage.

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Contrat de mariage FLAMME-CHADAR à Condé (signatures) – 1706 – AD59

Vous remarquerez que Jean LONGUEBRAY, le beau-père de Nicolas, a appris à signer (tant bien que mal) depuis son mariage. A la fois Nicolas et sa future épouse Marie Barbe semblent quant à eux relativement bien maîtriser l’écriture.

Mon conjoint descend de ce couple par sa mère.

Le mariage de la cadette, Catherine, avec Jean Joseph DEGAGE

Catherine FLAMME, la cadette, est quant à elle née le 16 janvier 1690 à Condé.

1690-01-16 naissance Flame Catherine
Baptême de Catherine FLAMME à Condé – 1690 – AD59

« Item. Catherine Flame fille de Pasqués et Catherine Locqués. p. Jacques Delcroix. m. Catherine Fiebvés »

Le 26 novembre 1716, à l’âge de 26 ans, elle épouse Jean Joseph DEGAGE, fils de Philippe et d’Anne FILLET, âgé de 21 ans.

1716-11-26 mariage Degage-Flamme
Mariage DEGAGE-FLAMME à Condé – 1716 – AD59

« Le 22 : 9bre 1716 : en pnce de Jean Claude Becqué, Pasque Flamme et autres temoins sont fiancés
Jean Joseph Degage
Catherine Flamme
Le premier ban publié le 22 : 9bre le second le 25 : novembre on a obtenus dispense du dernier ban
Et sot épousés le 26 : 9bre 1716 : en pnce de Jean Longhebray Anne Filé soussignées et autres témoins. »

Ils ont auparavant établi un contrat de mariage le 21 novembre 1716.

« A l’honneur de Dieu et de nostre mere la sainte eglise le traitté et convention de mariage se fait entre Jean Joseph Degages assisté de Philippe Degages et Anne Fillet ses père et mere et de Jacques Fillet son oncle d’une part, et Catherine Flamme assistée de Jean Longuebray son beau père et de Catherine Loquet sa mere d’autre part, tous demeurans en cette ville »

Jean Joseph DEGAGE est batelier. Ses parents « ont promis de leur donner le batteau qu’il occupe presentement. »

En ce qui concerne Catherine FLAMME, ses parents lui donnent 100 florins pour son droit de fourmourture, plus 122 livres « qui leurs sont deubs par Wesnon Deflines et Anne Françoise Flamme conjoins provenans d’argent qu’ils leurs ont amyablement presté suivant billet. » Anne Françoise est la demi-sœur de Catherine, fille du premier mariage de son père. Ils lui donnent également « le tiers tant de leur viagé que de la proprieté dans trois maisons qu’ils ont dont deux tiennent ensemble rue au beure […] et la troise gisant rue des Casernes tenant a mgr le prince de Croy. » Ses frères Nicolas et Pasquier jouiront des deux autres tiers. Enfin, ils donnent aux futurs conjoints « une garderobe, un coffre, une dresse, le lit garny ainsi que laditte Catherine Flamme l’occuppe presentement, la moitié des estains qu’ils ont, une marmitte, une cramillie, un chaudron, quatre paires de draps, une douzaine de serviettes et deux nappes. »

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Contrat de mariage DEGAGE-FLAMME à Condé (signatures) – 1716 – AD59

Les deux époux signent le contrat, ainsi que Jean LONGUEBRAY, mais aussi Anne FILLEZ, la mère de Jean Joseph.

Mon conjoint descend de ce couple par son père.

Le mariage du benjamin, Pasquier, avec Jeanne Marie DELTOMBE

Pasquier FLAMME naît le 17 août 1692 à Condé. Il deviendra boucher comme son père.

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Baptême de Pasquier FLAMME à Condé – 1692 – AD59

« 17. Pasquéz Flame fils de Pasquéz et Catherine Locquéz. p. Pasquéz Gosséz. m. Catherine Wilpiau. L’enfant fut baptizés auparavant en necessité par la sage dame »

Un mois et demi après le mariage de sa sœur, à l’âge de 24 ans, il épouse Jeanne Marie DELTOMBE le 7 janvier 1717.

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Mariage FLAMME-DELTOMBE à Condé – 1717 – AD59

« Le 27 : xbre 1716 : en pnce de Guillaume Joseph Delrue, Jean Bocqué et autres témoins sont fiancés
Pasqué Flamme
Jeanne Marie Deltombe
Le premier ban publié le 27 : xbre le second le 28 xbre le 3me le 1er janvier
Et sont épousés le 7 : janvier 1717 : en pnce de Jean Longuebraÿ Philippe Charle Deltombe soussignéz et autres témoins »

Un contrat de mariage a aussi établi le 26 décembre 1716, mais je ne l’ai pas récupéré : c’est le seul des trois enfants de qui mon conjoint ne descend pas.

Le partage

Le 7 juin 1717, Nicolas, Catherine et Pasquier FLAMME procèdent au partage des trois maisons dont ils ont hérité, suite au renoncement de viager fait par leur mère.

« Par le trespas de feu Pasquier Flamme leur père et par la renonciation de viagé faite par Catherinne Loquet leur mere […], il leur estoit devolu succedé et eschu trois petites maisons gisant a Condé desquelles ils n’avoient pas encore fait partage »

Préalablement au partage, ils ont fait estimer les « maisons, charpentes et maconneries d’icelles » par Philippe DUHOT, « arpenteur juré, Maistre charpentier et entrepreneur des travaux du Roy. » Ils en ont ensuite fait trois lots le plus juste possible qu’ils ont tirés au sort.

Pasquier FLAMME aura « une maison et heritage contenant cuisine, chambre, four et jardin de la meme longueur que le batiment gisant rue des Casernes de Cavallerie tenant a l’hostel de Monseigneur le Comte de Solre » , chargée de 10 livres 16 sols d’anciennes rentes (7 livres aux pauvres de Condé, 3 livres 4 sols aux religieuses de Condé et 12 sols au Seigneur). Il se charge « de deux nouvelles rentes au denier vingt qu’il constitue » , une de 13 livres 6 sols 8 deniers au profit de Jean DEGAGE et une de 3 livres 6 sols 8 deniers au profit de Nicolas FLAMME, « les deniers capitaux desdittes deux rentes provenant de l’excedant de l’estimation deladitte parchon. »

Jean DEGAGE et Catherine FLAMME auront « une petite maison gisant a la rue au Beure […] contenant une place et une cour avec un lieu qui sera en commun avec la troise maison » , chargée de 11 livres de rente dûe à Jean CHARTIER de Valenciennes. Ils auront en plus les 13 livres 6 sols 8 deniers de rente constituée par Pasquier FLAMME sur son lot.

Enfin Nicolas FLAMME aura « une maison gisant dans lade rue au Beur […] contenant une cuisine une petite chambre cave et le lieu en commun avec la maison du deuxe lot » , chargée de 11 livres de rente dûe au même Jean CHARTIER. Il aura les 3 livres 6 sols 8 deniers de rente constituée par son frère.

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Partage FLAMME à Condé (signatures) – 1717 – AD59

C’est un des rares (mais non le seul) documents en ma possession où figurent côte à côte les signatures des trois frères et sœur.

Epilogue

Leur mère, Catherine LOCQUET, décède peu de temps après, le 2 novembre 1719 à Condé.

1719-11-02 décès Loquet Marie Catherine
Décès de Catherine LOQUET à Condé – 1719 – AD59

« 2 : Marie Catherine Loquet epouse de Jean Longbraÿ service a 2 messes.
Elle fut mis en terre le 2 de ce mois de novembre »

On retrouvera par la suite Jean LONGUEBRAY dans les archives notariées à trois reprises. Il a entre temps quitté le centre de Condé, et semble avoir quelques difficultés à trouver un locataire stable :

  • Le 19 janvier 1724, il demeure au Cocq et donne « à titre de bail ferme et louage a Vincent Stomont […] une maison pasture et heritage […] gisant aud lieu ou demeure presentement led Longuebraye » pour neuf années, pour une somme de 30 écus de 48 patars pièce chaque année. Lui-même se réserve la jouissance « de la place tenant au jardin potagé et led jardin potagé avec les arbres qui y sont, s’est aussy reservés le four dans lequel led preneur poura cuire, aura aussi led Longuebray la liberté d’aller au puid auquel poura aussy aller celuy qui occupe led fournil.« 
  • Le 11 juin 1724, Vincent STOMONT cède le bail à Jean Joseph FOSSE demeurant à Macou. Les charges restent les mêmes. « Led Fosse fournira cent bottes de paille pour employer a la couverture de lad maison par chacun an.« 
  • Mais dès le 7 août 1724, Jean LONGUEBRAY, demeurant à Macou, loue à nouveau, cette fois pour une durée de six ans à Druon CORNU « une maison et heritage […] gisant aud Macou a la reserve de la place qu’occuppe presentement ledit Longuebray, le four, la cour et le puit en commun, ledit Longuebray se reserve aussy le jardin potager quil occuppe presentement, bien entendu que led Cornu n’aura droit que de cuir aud four et que le loyer qu’en retire led Longuebray restera a son proffit. » Le loyer est inchangé, toujours à 30 écus de 48 patars. Jean LONGUEBRAY « sera obligé de faire construire une muraille dans l’escurie » et Druon CORNU « livrera tous les ans cent bottes de pailles que led Longuebray employera a la couverture de lad maison.« 

Il décédera dix ans après sa femme, le 20 décembre 1729 ; il est qualifié dans son acte de sépulture de « garde des bestiaux. »

C’est ici que se termine cet article… mais j’aurai l’occasion de revenir sur le destin de la fratrie FLAMME un peu plus tard dans l’alphabet ! Il faudra pour cela attendre les lettres M et N.

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