#RDVAncestral – Paul DALLEMAGNE, triste destin

Le #RDVAncestral est un projet d’écriture mêlant littérature et généalogie, dont la règle du jeu est la suivante : Je me transporte dans son époque et je rencontre un aïeul. L’ensemble des publications peut être consulté sur un site dédié. Ceci est ma deuxième participation à ce rendez-vous qui a lieu tous les troisièmes samedis du mois.

Initialement je n’avais pas prévu de participer à ce #RDVAncestral, mais il est des fois où les sujets s’imposent à nous…

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20 avril 2019. Je prends un peu de temps pour me détendre, la semaine a été chargée. Et puis il faut dire qu’elle a mal commencé, avec l’incendie de Notre-Dame de Paris, dont la toiture est partie en fumée et dont la flèche s’est effondrée… Quelle tristesse ! Je m’allonge dans le canapé, mes paupières commencent à s’alourdir, et je tombe dans un sommeil agité.

Je me retrouve alors projetée dans un autre temps et un autre lieu. Lorsque j’ouvre les yeux, je n’ai pas besoin de réfléchir longtemps pour savoir où je suis : la cathédrale Notre-Dame de Paris se dresse devant moi, majestueuse. Mais l’environnement immédiat de la cathédrale est bien différent de celui qui m’est familier. A ma gauche se dresse un chantier monumental, l’Île de la Cité est complètement éventrée. A ma droite se dresse un imposant bâtiment, là où j’ai toujours vu un square et puis la Seine.

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Fondations du nouvel Hôtel-Dieu – paris1900.lartnouveau.com

Un journal jeté à terre sur le parvis m’apprend la date du jour : nous sommes le 20 avril 1868, il y a très exactement 151 ans. C’est donc le chantier du nouvel Hôtel-Dieu qui bat son plein à ma gauche. Il ne sera inauguré qu’en 1877, mais en attendant, c’est toujours l’ancien Hôtel-Dieu, à droite du parvis, qui est en fonction. Il sera détruit en 1878, après la mise en service du nouveau.

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Entrée de l’ancien Hôtel-Dieu sur le Parvis – paris1900.lartnouveau.com

Les cloches de Notre-Dame sonnent. Il est 20h, le jour commence à décliner sur Paris. Mais qui donc suis-je venue rencontrer ? Je me sens alors attirée vers l’ancien Hôtel-Dieu. Je gravis les marches de l’entrée et m’aventure dans les couloirs. Ce que je vois m’afflige. Le bâtiment est vétuste et insalubre. La surpopulation est flagrante, les malades sont entassés dans des pièces exiguës. L’odeur est effrayante, j’ai la nausée. Je comprends pourquoi ces travaux pharaoniques ont été entrepris, il est temps de moderniser l’institution ! Je crains que la plupart des malades ne ressortent en plus mauvais état qu’ils ne sont entrés malheureusement…

Un lit attire alors mon attention. J’ai peur de m’approcher, j’y vais à contre-cœur. Le jeune homme qui y est allongé est livide… J’arrive trop tard, il a déjà poussé son dernier soupir. Je préfère ne pas m’éterniser, je crains de me sentir mal. L’atmosphère est viciée et malsaine. Un coup d’œil sur la pancarte me confirme l’identité du défunt : Paul DALLEMAGNE. Je me hâte vers la sortie.

Le grand air me fait un bien fou. Je m’approche de la cathédrale et je m’assois, le temps de récupérer mes esprits et de passer en revue ce que je sais sur Paul… et je me rends compte que je ne sais finalement pas grand chose, d’ailleurs je ne sais même pas de quoi il est mort ! Ce n’est pas un de mes ancêtres directs, mais le grand frère de mon aïeul Nicolas Théophile DALLEMAGNE, et son compagnon d’infortune.

Très tôt orphelins de père, les deux garçons ont été délaissés par leur mère, partie à Grenoble pour suivre son amant. Leur oncle les a pris en charge comme il a pu, mais les deux garçons se sont ensuite retrouvé livrés à eux-mêmes, sans repères. Paul a gagné son pain en devenant garçon de salle, puis garçon marchand de vin. Nicolas Théophile, le plus jeune, deviendra fondeur, j’en parle ici.

Paul ne se mariera pas, il n’en aura pas le temps. Il décède le 20 avril 1868, à l’âge de 28 ans, à l’Hôtel-Dieu, place du Parvis Notre-Dame n°4. Il résidait alors rue Royer n°3, comme nous l’apprend son acte de décès dressé le lendemain.

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Décès de Paul DALLEMAGNE à Paris – 1868 – Archives de Paris

Je jette un dernier regard vers Notre-Dame, heureuse de la voir se dresser, fière et belle. On la croirait indestructible… Je ferme lentement les yeux, comme pour graver cette image dans ma mémoire. Je les rouvre dans mon salon, un peu déboussolée. Décidément, quelle semaine !

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Vue de l’Eglise Métropolitaine et de l’Hôtel-Dieu de Paris – wellcomecollection.org

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