T comme Testament : Philibert BOUFFECHOUX

Le thème de ce challengeAZ 2018 est ma branche morvandelle. Pour cette lettre T, je vais vous parler de testament.

Contrairement aux contrats de mariage que j’ai trouvés en veux-tu en voilà, et aux donations qui ne se font pas rares, j’ai trouvé extrêmement peu de testaments sur ma branche morvandelle. Je n’en ai même trouvé aucun de mes SOSAs, mais seulement un dont une de mes ancêtres ait été bénéficiaire.

Le contexte familial

Philibert BOUFFECHOUX est fils de Claude BOUFFECHOUX et Marie BEZAVE. Sa famille était particulièrement aisée vu que son père était marchand de bois. Il a au moins deux frères et cinq sœurs.

J’en connais très peu sur Philibert, mis à part son testament et son acte de décès. Je n’ai pas encore trouvé son acte de naissance (j’avouerai que je ne l’ai d’ailleurs pas beaucoup cherché…). Je ne sais pas non plus s’il est veuf sans enfant vivant, ou s’il ne s’est jamais marié (même si j’opterais pour la deuxième solution) ! Et je ne sais pas non plus quel métier il faisait (il est dit propriétaire dans son testament, ce qui n’exclut pas qu’il ait exercé une autre activité auparavant : peut-être marchand comme son père ?).

Le fait est qu’il fait rédiger son testament le 15 juin 1808 par Me HARAND, notaire à Corbigny. Il a alors environ 73 ans. Il institue deux de ses nièces légataires universelles : Claudine BEZAVE épouse ALGRAIN, et Marie BEZAVE veuve BROT (mon ancêtre que j’ai déjà évoquée en lettre E). Il fait également un petit geste envers deux de ses neveux, François et Jean BRUANDET.

J’aurais aimé en savoir plus sur Philibert, et notamment pourquoi il a choisi ces deux nièces spécifiquement : par amitié ? parce qu’elles étaient plus dans le besoin que d’autres membres de la famille ? C’est une information que je n’aurai probablement jamais.

Le testament

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Testament de Philibert BOUFFECHOUX – extrait – 1808 – AD58

« Cejourd’hui quinze juin mil huit cent huit heure de onze du matin au lieu d’Enfert commune de Mhère, maison ou demeure le sieur Philibert Bouffechoux, propriétaire, ou François Harand, notaire impérial, à la résidence de Corbigny, département de la Nièvre, soussigné, se serait transporté, assisté des témoins ci-basnommés et aussi soussignés ; ou etant a comparu en sa personne ledit sieur Bouffechoux lequel jouissant d’une bonne santé et sain d’esprit a dit audit notaire presence des témoins, que son intention étant de tester il l’invitait de rédiger son testament, à quoi ledit notaire obtempérant, il a écrit de sa main, présence que dessus le testament et ordonnance de dernière volonté dudit sieur Bouffechoux, tel qu’il le lui a dicté.

Je donne et lègue après mon décès, a dit le sieur testateur, à Claudine Bezave, ma nièce, épouse d’Antoine Algrain, demeurant audit Enfert, 1° la propriété d’une maison située audit lieu d’Enfert, consistant en une cave, une chambre basse, une chambre haute, grenier dessus, un toit à porcs, cours et aisance devant et derier, tenant du levant à la cour et aisance, du midi à la maison de ladite Claudine Bezave et autres, du couchant au grand chemin de Lormes à Châteauchinon et du sepon à une petite ruelle.

2° celle d’un jardin situé audit lieu, tenant du levant au grand chemin de Lormes à Châteauchinon du midy au jardin de laditte Bezave du couchant aux ouches de plusieurs particuliers et du septentrion au jardin d’Hugues Bezave

3° celle d’un autre jardin, au même lieu, tenant du levant au jardin d’Etienne Renault, du midy à l’ouche du testateur, du couchant au chemin de Lormes à Châteauchinon et du septentrion aux bâtiment et cour du testateur

4° celle de la moitié d’une grange, indivise pour l’autre moitié avec le sieur Charneau, et la totalité de deux écuries, le tout situé au même lieu, tenant du levant à l’ouche de Claudine Bezave, du midy au jardin dudit Charneau, du couchant à celui d’Etienne Renault et du septentrion à la cour et aisances.

Je donne et lègue, a encore dit le testateur, à Marie Bezave ma nièce, veuve de Jacques Brot, demeurant audit Enfert, la propriété d’une maison située au même lieu, et dans laquelle le testateur fait sa demeure consistant en une chambre, deux cabinets, cave, grange, écurie, et deux petits toits, le tout tenant du levant à la cour et aisance, du midy au jardin ci-dessus confiné, du couchant au chemin de Lormes à Châteauchinon, et du septentrion à la cour et au jardin dont il va être parlé

Celle d’un jardin au même lieu, tenant du levant à la cour et jardin du sieur Charneau, du midy à la maison et cour dont il est ci-dessus parlé, du couchant au grand chemin de Lormes à Châteauchinon, et du septentrion à la maison du testateur et autres et à la cour et aisances

Je donne et lègue, a en outre dit le testateur, auxdittes Claudine et Marie Bezave et chacune pour moitié, la propriété de tous les biens meubles et immeubles (autres que ceux par moi ci-dessus légués) dont je me trouveray vetu et saisi au jour de mon décès, sans aucune réserve quelconque, en quelques lieux et endroits ils se trouvent assis et situés, je veux et entends qu’au jour de mon décès, mes légataires soient et demeurent vetues et saisies de ce que dessus par moi à elles légués, en fassent et disposent comme de leur propre chose ; à la charge neanmoins par mes légataires de païer, un an après mon décès, à François Bruandet mon neveu, la somme de deux cent francs, et à Jean Bruandet, aussi mon neveu, celle de cent francs, le tout une fois payé.

Je nomme pour exécuteur de mon présent testament lesdittes Claudine et Marie Bezave mes légataires universelles, entre les mains desquelles je me desaisi.

Je revoque tous testaments et codiciles que je peux avoir fait avant le présent.

Ce fut ainsi fait, dicté et prononcé mot à mot, par le sieur testateur, audit notaire, présence de ses témoins, et à lui lu présent que dessus, il a dit l’avoir bien entendu, l’avoir ainsi dicté, et contient ses véritables et dernières intentions, qu’il veut et entend être exécuté. En la susditte maison, les jour, heure, mois et an susdits, en présence des sieurs Guillaume Charneau, propriétaire, demeurant à Jault commune de Mhère, Jean Tournois, aussy propriétaire, demeurant aud Enfert, Etienne Renault, aussi propriétaire, demeurant audit Enfert, et de François Bourbon, aussi propriétaire, demeurant au même lieu, témoins qui ont signé avec le testateur, Renault et Bourbon aïant déclaré ne savoir signer de ce enquis. »

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Testament de Philibert BOUFFECHOUX – signatures – 1808 – AD58

Ce testament confirme que Philibert BOUFFECHOUX était plutôt aisé, vu qu’il lègue deux maisons, trois jardins et la moitié d’une grange, et qu’il laisse entendre qu’il peut exister d’autres biens immeubles.

Epilogue

Philibert BOUFFECHOUX décède quatre ans plus tard, le 26 janvier 1813, à l’âge de 78 ans. Mon ancêtre Marie BEZAVE, sa légataire, ne lui survivra pas longtemps vu qu’elle décède à son tour le 3 avril 1813 !

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