Q comme série Q : les mutations par décès

Le thème de ce challengeAZ 2018 est ma branche morvandelle. Pour cette lettre Q, je vais vous parler des mutations par décès que l’on retrouve en série Q.

Les mutations par décès, que l’on trouve dans les archives de l’enregistrement en série Q, peuvent être particulièrement utiles lorsque l’on n’arrive pas à identifier la date et le lieu de décès d’une personne. Mais même sans blocage de ce genre, les déclarations de succession restent extrêmement intéressantes : en plus de lister les biens délaissés et les héritiers (utile notamment en généalogie descendante), elles font référence aux testaments, donations ou contrats de mariage s’il y en a (ou explicitent qu’il n’en existe pas, ce qui est tout aussi précieux). Ceci facilite grandement les recherches dans les archives notariées par la suite.

Les archives départementales de la Nièvre ont mis en ligne les registres de successions et absences concernant la deuxième moitié du XIXe siècle, ce qui m’a permis d’identifier et de trouver une dizaine de déclarations de succession, entre 1859 et 1892.

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Résumé du contenu des mutations par décès identifiées sur ma branche morvandelle

Je vais ici vous présenter deux exemples, concernant deux de mes ancêtres décédés en 1868, il y a 150 ans de cela.

Déclaration du 1er juillet 1868 – Jean PETITVINCENT

Un premier cas intéressant est la déclaration de succession de Jean PETITVINCENT, faite le 1er juillet 1868 au bureau de Château-Chinon. En un seul document, on arrive à reconstruire une bonne partie de sa généalogie descendante : l’acte nous donne le nom de pas moins de cinq enfants et dix petits-enfants ! Qui plus est on apprend aussi l’existence d’une donation, même si les références n’en sont pas très précises…

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Extrait de la déclaration de succession de Jean PETITVINCENT décrivant sa généalogie descendante – 1868 – AD58

« A comparu Jeanne Petitvincent, v[euv]e de Edmé Petitimbert rentière à Marigny, commune de Montreuillon, agissant tant en son nom que comme se portant fort pour ses cohéritiers, laquelle a fait la déclaration suivante : Jean Petitvincent, veuf depuis environ 13 ans, est décédé ab intestat à Marigny, commune de Montreuillon le six janvier 1868, laissant pour lui succéder, savoir

1° la comparante, sa fille 2° Pierre Petitvincent, propr[iétair]e à Vannes co[mmun]e de Vauclaix, canton de Corbigny son fils

Pierre Petitvincent, propr[iétair]e à Mhère Marie Petitvincent f[emm]e de Claude Grillot, propriétaire au même lieu, ses petits-enfants par représentation de Etienne Petitvincent leur père, fils du défunt

Pierre Lefiot, fermier, Alexis Lefiot domestique, Jeanne Lefiot, femme de Jean Gallois, demeurant à Lacroix Miland, c[ommun]e de Mhère ses petits enfants par représentation de Marie Petitvincent, décédée f[emm]e Lefiot

François Borne l’aîné, marchand, François Borne le jeune cantonnier, tous deux à Vauclaix canton de Corbigny, Jeanne Borne f[emm]e de Louis Perrot cultivateur à Lormes, Lazarette Borne f[emm]e d’Etienne Comte journalier, Françoise Borne, f[emm]e d’Auguste Nolot journalier à Vauclaix, petits enfants par représentation de Marguerite Petitvincent leur mère décédée

La succession se compose exclusivement du mobilier ci-après, tous les autres meubles et les immeubles ont été abandonnés aux enfants suivant acte devant Me Gautrot, notaire, à Corbigny, il y a environ treize ans

1° Linge et hardes du défunt estimés 20f
2° Un lit garni 20f
3° Quatre draps 12f
Total cinquante deux francs 52f

Reçu à 1%, soixante centimes

Affirmant sa déclaration sincère, sous les peines de droit, la comparante a déclaré ne savoir signé, après lecture. »

Déclaration du 18 septembre 1869 – Pierrette RENAULT

Le second exemple est celui de Pierrette RENAULT, dont la succession a été déclarée le 18 septembre 1869 au bureau de Corbigny. Les maigres effets mobiliers de la défunte y sont particulièrement bien détaillés !

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Extrait de la déclaration de succession de Pierrette RENAULT décrivant ses effets mobiliers – 1869 – AD58

« A comparu Pierre Brault journalier demeurant à l’Huy-Beaupied commune de Mhères.
Lequel a fait la déclaration suivante.
Pierrette Renault sa mère V[euv]e de Jean Brault est décédée à Enfert commune de Mhères le seize juin 1868.
Laissant pour héritiers chacun pour un tiers ses trois enfants
Brault    Pierre le comparant
                Jean journalier à l’Haud de Hachot (Mhères)
               Geneviève f[emme]e Guillaume Charneau journalier à Enfert

La succession de la défunte comprend le mobilier ci-après détaillés
1° Deux chaises estimées 1f
2° Un bois de lit à colonne estimé 3f
3° Une couête de vieille plume id 6f
4° une paillasse un franc 1f
5° Quatre draps id 6f
6° Une couverture en coton id 2f
7° Un vieux coffre en chêne id 2f
8° Une petite table carrée id 1f
9° Trois jupons en coton id 4f50
10° Cinq chemises 5f
11° Deux coeffes trois paires de bas deux mouchoirs de poche & une paire de souliers estimés 4f
Total 35f50

Reçu a 1 p% sur quarante francs : quarante centimes
½ en sus vingt centimes

Déclaration affirmée sincère & véritable par le comparant qui requis de signer a déclaré ne savoir. »

3 réflexions sur “Q comme série Q : les mutations par décès

    1. Merci beaucoup Céline. La série Q est fantastique notamment en tant que point d’entrée pour les archives notariales. C’est encore une fois grâce aux déclarations de décès que j’ai pu découvrir les éléments de mon article du jour sur Mathieu MICHY, même si je ne le dis pas dans l’article…

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