N comme Naturel : Edmé PETITIMBERT, une filiation incertaine

Le thème de ce challengeAZ 2018 est ma branche morvandelle. Pour cette lettre N, je vais vous parler d’un des enfants naturels de ma généalogie.

Certains prétendent qu’au-delà d’une certaine génération, notre généalogie n’a plus rien à voir avec la réalité biologique, étant donné que pour chaque enfant il y a une incertitude sur l’identité du père. J’ai tendance à être plus optimiste, même si j’avoue que dans certains cas il y a de quoi se poser des questions !

C’est le cas pour  mon ancêtre Edmé PETITIMBERT. Voici les faits.

La maman d’Edmé

Marguerite PETITIMBERT est née le 20 septembre 1768 à Gâcogne (58). Son père Léonard est laboureur et manouvrier ; sa mère Claudine RENAULT est sage-femme.

Marguerite accouche d’un fils, prénommé Edmé, le 18 messidor an IX à Boux, commune de Mhère (58). Le père n’est pas dénommé, il s’agit d’un « enfant naturel » :

naissance
Acte de naissance de Edmé PETITIMBERT à Mhère – an IX – AD58

Par la suite Marguerite épouse Antoine GRAILLOT, le 16 pluviose an XIII à Mhère ; le petit Edmé a alors 3 ans. Antoine GRAILLOT est veuf de Françoise LABORDE, décédée le 29 thermidor an XI et avec qui il s’était marié le 20 février 1792.

Le couple s’installe à Marigny, commune de Montreuillon (58), d’où est originaire Antoine. Ils auront ensemble un fils, prénommé Antoine GRAILLOT tout comme son père (1806-1871).

Le mariage et la reconnaissance tardive d’Edmé

Edmé PETITIMBERT épouse Jeanne PETITVINCENT le 14 février 1825 à Vauclaix, à l’âge de 23 ans. Deux mois plus tard (mieux vaut tard que jamais !), le 21 avril 1825, il est reconnu par sa mère et Antoine GRAILLOT :

reco 1
Acte de reconnaissance de Edmé PETITIMBERT à Mhère (partie 1) – AD58
reco 2
Acte de reconnaissance de Edmé PETITIMBERT à Mhère (partie 2) – AD58

« L’an mil huit cent vingt cinq le vingt-un d’avril a dix heures du matin, pardevant nous […] sont comparus Antoine Graillot propriétaire demeurant a Marigny commune de Montreuillon canton de Chateauchinon, et Marguerite Petitimbert sa femme demeurant avec lui audit Marigny, lesquels ont déclarés qu’ils se reconnaissent pere et mere d’un enfant du sexe masculin qui nous a été présenté le dix neuf messidor de l’an neuf de la République, et que nous avons inscrit sur les registres de l’état civil, sous le nom d’Edme Petitimbert, lequel enfant est né d’eux le dix huit du même mois, et avant le mariage qu’ils ont contractés ensemble le seize pluviose de l’an treize ; que c’est par oubli si la présente reconnaissance n’a pas été inserée dans l’acte de leur mariage ; qu’ils veulent qu’a l’avenir leur dit enfant porte le nom de Graillot Edme, au lieu de Petitimbert Edme et qu’il vienne a leur succession dans les même droits que leurs autres enfants nés durant leur mariage. Laditte declaration faitte en présence de Edme Charrette qui en qualité de temoins a signé l’acte de naissance, age de quarante huit ans propriétaire demeurant a Boux, et de Pierre Petit maréchal demeurant a Mehere age de cinquante deux ans. Mention du présent acte est faitte en marge du registre des actes de naissances de cette commune pour l’an neuf n°22 : et encore mention en sera faitte en marge du registre des actes de mariages de la commune de Vauclaix canton de Corbigny, pour l’an mil huit cent vingt cinq, sur lequel registre se trouve inscrit l’acte de mariage dudit Petitimbert avec Jeanne Petitvincent. Lequel acte nous avons signé avec lesdits temoins le pere et la mere reconnaissants ayant déclaré ne seavoir signer après que lecture leurs a été faitte. »

Sa vie à Marigny

Malgré cet acte de reconnaissance, certes un peu tardif, Edmé continuera de porter le nom de PETITIMBERT qu’il transmettra à ses enfants Marie (1829-1906) et Etienne (1836-1913) ; il héritera cependant bien de son « père » Antoine GRAILLOT : c’est notamment lui qui gardera la maison de Marigny (voir la lettre H).

Marguerite PETITIMBERT décède le 24 octobre 1841 à Marigny. Les déclarants sont « Antoine Graillot, âgé de trente cinq ans, propr[iétair]e à Chassy commune de Montigny fils de la décédée […], et Edme Petitimbert, âgé de quarante ans propr[iétair]e à Marigny commune de Montreuillon, aussi fils de la même décédée ». Antoine GRAILLOT décédera quant à lui le 18 juillet 1845.

Edmé PETITIMBERT décède à son tour le 15 décembre 1859 à Marigny, sans avoir jamais porté le nom de GRAILLOT.

Épilogue

Je ne connaîtrai jamais la vérité, mais je doute très sérieusement qu’Antoine GRAILLOT soit vraiment le père d’Edmé (d’autant qu’à l’époque de sa naissance il était encore marié à sa première femme Françoise LABORDE, ce qui en aurait fait un enfant adultérin : possible, mais peu probable). Pour autant, c’est bien la filiation officielle, et celle que j’ai retenue dans mon arbre. Après tout, Antoine a élevé Edmé, il lui a transmis ses biens, y compris sa maison, donc il mérite bien sa place ! Et puis, est-ce si important ?

Pour conclure et pour faire un parallèle avec une autre de mes branches : Edmé a eu plus de chance que mon ancêtre Louise Désirée GOURDON, qui, dans une situation similaire, a fini par être déshéritée : Deux pères pour une fille : Louise Désirée GOURDON.

Une réflexion sur “N comme Naturel : Edmé PETITIMBERT, une filiation incertaine

  1. laventuregenealogique

    J’ai le même cas : ma grand-mère paternelle est légitimée par le mariage de sa mère avec Monsieur VALLIER, il y a même un acte de reconnaissance ; elle a alors 9 ans mais elle continuera à porter le nom de sa mère.

    Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s