B comme Bouviers : des morvandiaux pas si sédentaires

Le thème de ce challengeAZ 2018 est ma branche morvandelle. Pour cette lettre B, je vais vous parler de mes ancêtres bouviers.

Je vous ai dit hier que ma branche morvandelle était très peu mobile géographiquement… cette affirmation est tout à fait légitime, mais il y a pourtant quelques (rares) exceptions. C’est le cas de Philippe PERRIER et de sa famille.

La famille PERRIER à Cervon

Philippe PERRIER naît le 27 mars 1819 à Montliffé, hameau de la commune de Cervon (58), où ses parents, Jean et Françoise PETITIMBERT, sont propriétaires.

Il épouse Catherine dite « Thérèse » TAUPIN le 7 juin 1852 à Cervon ; elle est fille de Lazare et Pierrette COFFIGNEAU, propriétaires à Certaines de la même commune. Ils auront ensemble deux enfants : Guillaume (1856-1919) et Agathe dite « Joséphine » (1858-1912).

Jusque là, Philippe est dit cultivateur, propriétaire ou encore journalier dans les actes d’état civil.

La parenthèse picarde

Mais le Morvan, en plus d’être connu pour ses nourrices, l’est aussi pour ses galvachers ! Les bouviers du Morvan, recherchés pour leur adresse car habitués à des terrains difficiles (le Morvan n’étant pas un plat pays…), s’exportaient saisonnièrement vers le Berry, la région parisienne et jusqu’en Picardie ou dans l’Est de la France. Ils trouvaient dans cette activité un complément de revenu, en travaillant pour le labour, la culture de betteraves, les carrières de pierres ou encore les marchands de bois par exemple.

Philippe PERRIER n’était pas exactement galvacher (la galvache étant une activité saisonnière), mais ses qualités de bouvier l’ont tout de même conduit à quitter sa région natale pour la Picardie. J’imagine que l’argent gagné sur place lui aura permis, ainsi qu’à sa famille, de vivre plus confortablement à son retour dans le Morvan que s’il était resté au pays. En effet les bouviers étaient plutôt bien payés ; ils étaient également nourris et logés.

Mais revenons à Philippe PERRIER : on le retrouve au recensement de 1872 à la Blanchisserie, commune de Fitz-James (60), où il est bouvier dans une dépendance de l’hôpital psychiatrique de Clermont, à quelques 300km de son village natal de Montliffé !

Lors de ce même recensement, son épouse Catherine TAUPIN est domestique chez Alexandre LABITTE, cultivateur, à Saint-Aubin-sous-Erquery (60). Leurs enfants sont quant-à-eux restés à Cervon où ils sont placés comme domestiques (Guillaume chez Pierre LOUAP à Précy-Lantilly et Joséphine chez Jean ALGRAIN à Maré-les-Bois).

fitz-james
Colonie de Fitz-James – AD60

Comment sont-ils arrivés là ? Par hasard ? Par le bouche à oreille ? Suite à une saison de galvache ? Je ne le saurai sans doute jamais…

De 1876 à 1884, Philippe PERRIER exerce avec son fils Guillaume, qui l’a rejoint, la profession de bouvier dans la ferme de Villers, autre dépendance de l’hôpital psychiatrique de Clermont située sur la commune d’Erquery (60). Je n’ai pas encore retrouvé où Catherine était domestique sur cette même période…

Villers
Plan de la ferme de Villers – AD60

En 1876, le régisseur de la ferme de Villers se nomme Auguste ESTORET. Ce dernier a été au centre d’une affaire de meurtre à l’asile en 1880, comme je l’ai découvert par hasard sur le blog « De temps et d’encre ». Cela fait drôle de penser que mes ancêtres étaient là à cette période et qu’ils ont vécu ce fait divers de l’intérieur !

recensement
Recensement de 1876 – Commune d’Erquery – AD60

Catherine « Thérèse » TAUPIN, toujours domestique, décède le 10 septembre 1882 à Clermont (60) au 7 rue de la Madeleine, à l’âge de 56 ans. On apprend dans sa déclaration de décès (série Q aux AD58) que son fils Guillaume est à cette date toujours bouvier à Erquery, tandis que sa fille Joséphine est domestique à Paris.

Retour dans le Morvan

Vu les changements d’adresse enregistrés sur le livret militaire de Guillaume, il semble que la famille PERRIER soit retournée définitivement dans le Morvan vers 1884, après cette parenthèse picarde de plus de dix ans !

 

 

Guillaume PERRIER épousera Philomène PETITIMBERT à Montreuillon (58) le 20 juillet 1886. Agathe « Joséphine » PERRIER épousera peu après Louis TARTRAT, le 25 octobre 1886 à Cervon.

Philippe PERRIER décède à Certaines-le-Moulin (commune de Cervon) chez son gendre Louis TARTART le 6 juillet 1887, à l’âge de 68 ans.

Philippe et Guillaume PERRIER m’ont laissé un souvenir de ce passage dans l’Oise, car j’ai retrouvé dans la « boîte à souvenirs » de ma grand-mère une montre achetée sur place :

montre
Montre achetée à Clermont, héritée de la famille PERRIER – collection personnelle
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